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27.07.2006
Le Manuel d'Épictète.
Concepts:
Enoncés:nature, seras, philosophe, maximes, opinions, imagination, auras, ensuite, corps, sois, malgré, obstacle, aversions, dignités, désirs.
nous, les autres n'en dépendent pas.
Celles qui en dépendent sont nos opinions, nos mouvements, nos désirs, nos inclinations, nos aversions; en un mot, toutes nos actions.
Celles qui ne dépendent pas de nous sont le corps, les biens, la réputation, les dignités; en un mot, toutes les choses qui ne sont pas du nombre de nos actions.
Les choses qui dépendent de nous sont libres par leur nature, rien ne peut ni les arrêter, ni leur faire obstacle; celles qui n'en dépendent pas sont faibles, esclaves, dépendantes, sujettes à mille obstacles et à mille inconvénients, et entièrement étrangères.
troublé, et tu te plaindras de Dieu et des hommes.
Au lieu que si tu crois tien ce qui t'appartient en propre, et étranger ce qui est à autrui, jamais personne ne te forcera à faire ce que tu ne veux pas, ni ne t'empêchera de faire ce que tu veux; tu ne te plaindras de personne; tu n'accuseras personne; tu ne feras rien, pas même la plus petite chose, malgré toi; personne ne te fera aucun mal, et tu n'auras pas d'ennemi, car il ne t'arrivera rien de nuisible.
Aspirant donc à de si grands biens, souviens-toi que tu ne dois pas travailler médiocrement pour les acquérir, et que, en ce qui concerne les choses extérieures, tu dois entièrement renoncer aux unes, et remettre les autres à un autre temps.
Car si tu cherches à les accorder ensemble, et que tu poursuives et ces véritables biens et les richesses et les dignités, peut-être n'obtiendras-tu même pas ces dernières, pour avoir désiré les autres; mais certainement tu manqueras d'acquérir les biens qui peuvent seuls faire ta liberté et ton bonheur.
que tu désires, ce que tu veux; tu ne te plaindras de personne; tu n'accuseras personne; tu ne feras rien, pas même la plus petite chose, malgré toi; personne ne te fera aucun mal, et tu n'auras pas d'ennemi, car il ne t'arrivera rien de nuisible.
ne dois pas travailler médiocrement pour les acquérir, et que, en ce qui concerne les choses extérieures, tu dois entièrement renoncer aux unes, et remettre les autres à un autre temps.
Car si tu cherches à les accorder ensemble, et que tu poursuives et ces véritables biens et les richesses et les dignités, peut-être n'obtiendras-tu même pas ces dernières, pour avoir désiré les autres.
La fin de tes craintes, c'est d'éviter ce que tu crains.
Celui qui n'obtient pas ce qu'il désire est malheureux, et celui qui tombe dans ce qu'il craint est misérable.
Si tu n'as donc de l'aversion que pour ce qui est contraire à ton véritable bien, et qui dépend de toi, tu ne tomberas jamais dans ce que tu crains.
Mais si tu crains la mort, la maladie ou la pauvreté, tu seras misérable.
Transporte donc tes craintes, et fais-les tomber des choses qui ne dépendent pas de nous, sur celles qui en dépendent; et, pour tes désirs, supprime-les entièrement pour le moment.
Car, si tu désires quelqu'une des choses qui ne sont pas en notre pouvoir, tu seras nécessairement malheureux; et, pour les choses qui sont en notre pouvoir, tu n'es pas encore en état de connaître celles qu'il est bon de désirer.
En attendant donc que tu le sois, contente-toi de rechercher ou de fuir les choses, mais doucement, toujours avec des réserves, et sans te hâter.
servent à tes besoins, ou que tu aimes, n'oublie pas de te dire en toi-même ce qu'elle est véritablement.
Si tu aimes un pot de terre, dis-toi que tu aimes un pot de terre; et, s'il se casse, tu n'en seras pas troublé.
Si tu aimes ton fils ou ta femme, dis-toi à toi-même que tu aimes un être mortel; et s'il vient à mourir, tu n'en seras pas troublé.
Q uand tu es sur le point d'entreprendre une chose, metstoi bien dans l'esprit ce qu'est la chose que tu vas faire.
Si tu vas te baigner, représente-toi ce qui se passe d'ordinaire dans les piscines publiques, qu'on s'y jette à l'eau, qu'on s'y pousse, qu'on y dit des injures, qu'on y vole.
mais les opinions qu'ils en ont.
Par exemple, la mort n'est pas un mal, car, si elle en était un, elle aurait paru telle à Socrate; mais l'opinion qu'on a que la mort est un mal, voilà le mal.
N'e te glorifie jamais d'aucun avantage étranger.
Sur tous les accidents qui t'arriveront, dis-toi la même chose; et tu trouveras que c'est toujours un empêchement pour quelque autre chose, et non pas pour toi.
d'honneurs, ou élevé à une grande puissance, ou florissant de quelque autre manière, prends bien garde, dis-je, qu'emporté et séduit par ton imagination, tu ne le trouves heureux.
Car, si l'essence du véritable bien consiste dans les choses qui dépendent de nous, ni l'envie, ni l'émulation, ni la jalousie n'auront plus de lieu, et toi-même, tu ne voudras être ni grand homme d'affaire, ni homme politique, ni vedette de cinéma, mais libre ; or, une seule voie y mène : le mépris des choses qui ne dépendent pas de nous.
ni celui qui le frappe, qui t'outrage; mais c'est l'opinion que tu as d'eux, et qui le les fait regarder comme des gens dont tu es outragé.
Quand quelqu'un donc te chagrine et t'irrite, sache que ce n'est pas cet homme-là qui l'irrite, mais ton opinion.
Efforce-toi donc, avant tout, de ne pas te laisser emporter par ton imagination; car, si une fois tu gagnes du temps et quelque délai, tu seras plus facilement maître de toi-même.
paraissent terribles soient tous les jours devant tes yeux, surtout la mort, et tu n'auras jamais de pensée basse, et tu ne désireras rien avec trop d'ardeur.
D'où lui vient ce sourcil arrogant?
Pour toi, n'aie pas ce sourcil superbe; mais attache-toi fortement aux maximes qui t'ont paru les meilleures et les plus belles.
Et souviens-toi que, si tu y demeures ferme, ceux même qui se sont d'abord moqués de toi t'admireront ensuite; au lieu que, si tu cèdes à leurs insultes, tu en seras doublement moqué.
dehors dans le but de plaire à quelqu'un, sache que tu es déchu de ton état.
Qu'il te suffise donc, en tout et partout, d'être philosophe.
Et si de plus tu veux le paraître, contente-toi de le paraître à tes propres yeux, et cela suffit.
troublent pas : «Je serai méprisé; je ne serai rien dans le monde».
Car, si le mépris est un mal, tu ne peux être dans le mal par le moyen d'un autre, non plus que dans le vice.
Dépend-il de toi d'être nommé à un poste prestigieux?
aidez-moi plutôt à acquérir ces vertus, et n'exigez pas que je fasse des choses qui me les feraient perdre.
Il suffit que chacun remplisse son état et fasse son travail.
Mais si, par ton exemple, tu donnais à ta ville un autre habitant sage, modeste et fidèle, ne lui rendrais-tu aucun service?
les choses sur lesquelles nous ne sommes pas en différend entre nous.
Par exemple, lorsque l'employé de ton voisin a cassé une assiette ou quelque autre chose, tu ne manques pas de lui dire, pour le consoler, que c'est un accident très ordinaire.
Si tu n'observes cette conduite, tu auras d'abord du plaisir dans tout ce que tu feras, parce que tu n'en auras pas envisagé les suites; mais à la fin, la honte venant à paraître, tu seras rempli de confusion.
Quand tu auras bien pesé tout cela, va, si tu veux, va être athlète.
Si tu ne prends pas ces précautions, tu ne feras que niaiser et que badiner comme les enfants, qui tantôt contrefont les athlètes, tantôt les joueurs, qui maintenant sont loués par les médias, et un instant après représentent des tragédies.
Tu veux courir le marathon, ou être joueur de football?
Il faut veiller, travailler, s'éloigner de ses parents et de ses amis, être le jouet d'un esclave, avoir le dessous partout, dans la poursuite des honneurs, des charges, dans les tribunaux, en un mot dans toutes les affaires.
Il t'est ordonné d'en avoir soin, de lui obéir en tout, de souffrir ses réprimandes et ses mauvais traitements.
- Mais c'est un mauvais père.
tu ignores ce qui doit arriver, et que tu vas pour l'apprendre.
Mais souviens-toi en même temps, si tu es philosophe, qu'en allant le consulter, tu sais fort bien de quelle nature est ce qui doit arriver.
Car, si c'est une des choses qui ne dépendent pas de nous, ce ne peut être assurément ni un bien, ni un mal pour toi.
N'apporte donc auprès de ton astrologue ni inclination, ni aversion pour chose au monde, autrement tu trembleras toujours; mais sois persuadé et convaincu que tout ce qui arrivera est indifférent et ne te regarde pas, et que, de quelque nature que cela soit, il dépendra de toi d'en faire un bon usage, personne ne pouvant t'en empêcher.
Va donc avec confiance, comme si tu approchais de Dieu, qu'Il daigne bien te conseiller.
Au reste, quand on t'aura donné quelques conseils souviens-toi qui sont les conseillers à qui tu as eu recours, et qui sont ceux dont tu mépriseras les ordres si tu désobéis.
Mais ne va voir un astrologue que pour les choses qu'on ne peut connaître que par l'événement, ce qu'on ne peut prévoir ni par la raison, ni par les règles d'aucun autre art.
Ainsi, quand il faudra t'exposer à de grands dangers pour un ami ou pour ta patrie, ne va pas consulter un astrologue pour savoir si tu dois le faire.
Car si le devin te déclare que la configuration de ton ciel astrologique est mauvaise, que ce signe te présage ou la mort, ou des blessures, ou l'exil; mais la droite raison te dit que, malgré toutes ces choses, on doit secourir son ami et s'exposer pour sa patrie.
Obéis donc à un devin encore plus grand que celui que tu consultais, obéis à Apollon Pythien, qui chassa de son temple un homme qui n'avait pas secouru son ami qu'on assassinait.
choses nécessaires, et dis-les en peu de mots.
Il pourra arriver, mais rarement, que tu doives parler, quand l'occasion l'exigera; mais ne parle jamais de choses triviales et communes : ne parle ni des match de football, ni du tiercé, ni des stars de cinéma, ni du boire, ni du manger, qui sont le sujet des conversations ordinaires.
Surtout ne parle jamais des hommes, ni pour les blâmer, ni pour les louer, ni pour faire des comparaisons.
conversation de tes amis sur ce qui est décent et convenable; et si tu te trouves avec des étrangers, garde le silence opiniâtrement.
N'e ris ni longtemps, ni souvent, ni avec excès.
avant le mariage, et si tu les goûtes, que ce soit au moins selon la loi.
Mais ne sois pas sévère à ceux qui en usent, ne les reprends pas avec aigreur, et ne te vante pas à tout moment de ta continence.
Evite aussi de faire des acclamations, de grands éclats de rire et de grands mouvements.
Et quand tu te seras retiré, ne parle pas longuement de tout ce que tu as vu, puisque cela ne peut servir à réformer tes erreurs, ni à te rendre plus honnête homme; car ces longs entretiens témoignent que c'est le spectacle seul qui a attiré ton admiration.
Si, malgré cela, ton devoir t'y appelle, supporte tout ce qui arrivera, et ne t'avise jamais de dire ou de penser que «ce n'était pas la peine».
discours obscènes, aux plaisanteries vulgaires, et, quand tu te trouveras à ces sortes de conversation, ne manque pas, si l'occasion le permet, de tancer celui qui tient ces discours; sinon, garde au moins le silence, et témoigne, par la rougeur de ton front et par la sévérité de ton visage, que ces sortes de conversations ne te plaisent pas.
Quand donc tu seras prié à un repas, souviens-toi de ne penser pas tant à la qualité des mets qu'on servira et qui exciteront ton appétit, qu'à la qualité de celui qui t'a invité, et à conserver les égards et le respect qui lui sont dus.
Si tu t'en liens à cette règle, tu garderas toujours la juste mesure; mais si tu n'en tiens pas compte, tu es perdu : il faudra que tu roules comme dans un précipice où rien ne pourra t'arrêter.
De même pour le soulier : si tu passes une fois la mesure de ton pied, tu auras d'abord des souliers ornés, ensuite tu en auras dorés, et enfin tu en voudras avec des diamants.
Ces femmes donc, voyant par là que leurs maris ne les considèrent que par le plaisir qu'elles lui donnent, ne songent plus qu'à se parer pour plaire, et mettent toute leur confiance et toutes leurs espérances dans leur toilettes.
maximes devant les ignorants; fais plutôt ce que ces maximes prescrivent.
question devant les ignorants, garde le silence; car il y a grand danger à rendre aussitôt ce que tu n'as pas digéré.
l'étude de la sagesse : il ne blâme personne, il ne loue personne, il ne se plaint de personne, il n'accuse personne, il ne parle pas de lui comme s'il était quelque chose on qu'il sût quelque chose.
Quand il trouve quelque obstacle ou quelque empêchement à ce qu'il veut, il ne s'en prend qu'à lui-même.
Si quelqu'un le loue, il se moque en secret de ce louangeur, et, si on le reprend, il ne cherche pas à se justifier; mais, comme les convalescents, il se tâte et s'observe, de peur de troubler et de déranger quelque chose dans ce commencement de guérison, avant que sa santé soit entièrement fortifiée.
Il a supprimé en lui tout désir, et il a transporté toutes ses aversions sur les seules choses qui sont contre la nature de ce qui dépend de nous.
Il n'a pour toutes choses que des mouvements peu empressés et soumis.
Si on le traite de simple et d'ignorant, il ne s'en met pas en peine.
En un mot, il est toujours en garde contre lui-même comme contre un homme qui lui tend continuellement des pièges et qui est son plus dangereux ennemi.
expliquer les écrits de Chrysippe, dis en toi-même : Si Chrysippe n'avait écrit obscurément, cet homme n'aurait donc rien dont il pût se glorifier.
Pour moi, qu'est-ce que je veux?
Je cherche donc qui est celui qui l'a le mieux expliquée; on me dit que c'est Chrysippe.
Je prends Chrysippe, mais je ne le comprends pas; je cherche donc quelqu'un qui me l'explique.
Jusque-là il n'y a rien de bien extraordinaire.
trouvé un bon interprète, il ne reste plus qu'à me servir des préceptes qu'il m'a expliqués et qu'à les mettre en pratique; et voilà la seule chose qui mérite de l'estime.
Car, si je me contente d'expliquer ce philosophe et d'admirer ce qu'il dit, que suis-je?
Un pur grammairien et non un philosophe, avec cette différence que, au lieu d'Homère, j'explique Chrysippe.
Quand quel qu'un me dira donc : «Explique-moi Chrysippe», j'aurai bien plus de honte et de confusion, si je ne puis montrer des actions conformes à ses préceptes.
maximes, et obéis-leur comme à des lois que tu ne peux violer sans impiété.
Et ne te mets nullement en peine de ce qu'on dira de toi; car cela n'est pas du nombre des choses qui sont en ton pouvoir.
grandes choses et de te mettre en état de ne jamais blesser la droite raison?
Tu as reçu les préceptes auxquels tu devais donner ton consentement, et tu l'as donné.
Quel maître attends-tu donc encore pour remettre ton amendement jusqu'à son arrivée?
Tu n'es plus un enfant, mais un homme fait.
Si tu te négliges, si tu t'amuses, si tu fais résolution sur résolution, si tous les jours tu marques un nouveau jour où tu auras soin de toimême, il arrivera que, sans que tu y aies pris garde, tu n'auras fait aucun progrès, et que tu persévéreras dans ton ignorance, et pendant fa vie et après ta mort.
Commence donc dès aujourd'hui à te juger digne de vivre comme un homme, et comme un homme qui a déjà fait quelque progrès dans la sagesse, et que tout ce qui te paraîtra très beau et très bon soit pour toi une loi inviolable.
S'il se présente quelque chose de pénible ou d'agréable, de glorieux ou de honteux, souviens-toi que le jour de la lutte est venu, que les jeux olympiques sont ouverts, qu'il n'est plus temps de différer, et que, d'un moment et d'une seule action de courage ou de lâcheté, dépendent ton avancement ou ta perte.
C'est ainsi que Socrate est parvenu à la perfection, en faisant servir toutes choses à son avancement, et en ne suivant jamais que la raison.
La seconde, est celle qui en fait les démonstrations : pourquoi il ne faut pas mentir.
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