24.07.2006

OSEZ la différence - le Secret du Succès par Mark Fischer.

Concepts:

vie, secrets, esprit, Goldsmith, passagers, seulement, rêves, simplement, réponse, coeur, circonstances, maître, règle, événements, fera.

medium_fischer.3.jpgÉnoncés:
Quel est le secret des hommes à succès?

Lorsque j'étais jeune (je vous signale que je le suis encore, car je n'ai que 42 ans et à la vérité je me sens beaucoup plus jeune que lorsque j'avais vingt ans de moins car alors je ne possédais pas encore le secret mystérieux du succès), lorsque j'étais jeune donc, il m'arrivait souvent d'aller à l'aéroport...

A la vérité, j'y allais au moins une dizaine de fois par semaine...

Hélas ce n'était pas pour prendre l'avion vers des destinations chaque fois nouvelles...

C'était tout simplement pour accompagner des gens : je conduisais un taxi!

Eh oui, pour payer le coût de mes études, (ma famille n'était guère fortunée) j'occupais presque tous mes temps libres à conduire des gens à l'aéroport...

Les uns voyageaient pour affaires vers les grandes capitales du monde, les autres prenaient des vacances...

Souvent je reprenais les clients que j'avais déposés quelques jours (ou quelques semaines) auparavant...

Je ne sais pas qui a dit que l'argent ne fait pas le bonheur.

Quoi qu'il en soit, il ne m'a guère fallu de temps - au plus quelques centaines de passagers - pour me rendre compte de quel côté mon coeur penchait.

On dit que dans la vie il faut savoir ce que l'on veut.

Eh bien ce que je voulais était bien simple : c'était de cesser un jour (pas seulement un jour mais tout le reste de ma vie) de conduire les gens à l'aéroport et d'être celui qui se faisait conduire!

Je suis sûr que vous en conviendrez...

La modestie de ma naissance (mon absence de contacts et d'argent) ne m'interdisait-elle pas de pouvoir un jour réaliser mon rêve qui était de faire ce qui me plaisait : et d'être payé pour le faire : de préférence plutôt bien que mal?

Mon rêve, je vous le donne en mille, c'était de travailler dans une grande agence de publicité sur Madison Avenue à New York où l'on retrouve la plupart des grandes agences des U.S.A., et, partant, du monde entier...

Je sentais que j'avais en moi tout le talent nécessaire pour le faire...

Et pourtant je conduisais toujours mon Yellow cab (Au cas où vous l'ignoriez, c'est le nom qu'on donne aux taxis jaunes de New York : à tous les taxis donc car ils sont tous jaunes...)

Les touristes les trouvent d'ailleurs très poétiques ces taxis : et pour cause!

Ce ne sont pas eux qui les conduisent dans les rues bruyantes de New York...

Même que mes études, je les avais terminées depuis plusieurs mois déjà et le super emploi dont je rêvais, je ne réussissais pas à l'obtenir...

Partout où j'allais, on me servait la même réponse, sans presque de variantes : "Vous n'avez pas d'expérience.

Nous n'engageons que ceux qui ont de l'expérience..."

Comme cercle vicieux, difficile d'imaginer mieux, vous en conviendrez.

D'ailleurs vous n'avez sans doute pas à creuser trop votre mémoire pour vous souvenir d'avoir essuyé de semblables refus...

Conduire un taxi (pas n'importe lequel comme vous venez de voir mais un célèbre Yellow Cab) n'est peut-être pas très payant.

Lorsqu'on est jeune, ambitieux, et que les circonstances contrarient nos ambitions, on se met tôt ou tard à réfléchir...

D'ailleurs puisque le ton est à la confidence, aussi bien poursuivre...

Mon appartement (j'appelle cela appartement à défaut de trouver un autre mot pour décrire le lieu infecte et exigu que j'habitais) était si déprimant que je préférais passer le plus de temps possible dans mon yellow cab plutôt que de m'infliger le spectacle de mes quatre murs d'une couleur plus que douteuse...Et je passe sous silence les odeurs singulières qui "embaumaient" les lieux...

Ces autres chauffeurs, il y a quelques années, n'avaient-ils pas les mêmes rêves que moi?

N'avaient-ils pas un jour, comme moi, rêvé de mener la grande vie, ou tout au moins d'avoir un emploi respectable et respecté?

- N'avaient-ils pas eu tout comme moi de grandes ambitions que les circonstances les avaient forcés d'enterrer?

Pensées terribles, et en tout cas qui me terrifiaient.

Qui sait peutêtre qu'avec quelques refus de plus et quelques dettes supplémentaires (j'en avais déjà d'assez lourdes) car je ne parvenais pas (mais qui y parvient) à adapter mes dépenses et mes goûts (souvent extravagants) en fonction de mes revenus plutôt dérisoires...

Oui qui sait, peut-être qu'avec quelques refus de plus dans les grandes boîtes où j'avais en vain frappé, je me résoudrais à l'idée de passer toute ma vie dans mon Yellow Cab...

Heureusement, mon regard ne se portait pas uniquement vers mes collègues de travail, mais aussi vers mes passagers...

Il y avait plus d'espoir de ce côté-là, me semblait-il...

Quelle différence y a-t-il entre eux et moi?

Dans mon rétroviseur, discrètement, j'observais mes passagers fortunés...

Et je me posais des questions essentielles...

Ces pensées tournaient dans mon esprit de plus en plus irrité par mes insuccès...

L'un était affligé d'un appendice nasal qui aurait fait rougir d'envie Cyrano de Bergerac.

Mais ce nez ne l'avait visiblement pas empêché de devenir très riche si j'en jugeais par son extrême élégance vestimentaire et par celle de sa compagne, absolument ravissante, soit dit en passant.

C'est à un embouteillage que je dois ma réussite.

Mais en conduisant ce sympathique passager à l'aéroport (son nom est Monsieur John Goldsmith) il y eut un terrible embouteillage comme il y en a souvent à New York, et dans d'autres capitales je suppose...

Premièrement ce fut tout sauf le long monologue doctoral auquel j'aurais été en droit de m'attendre de la Part d'un homme d'expérience s'adressant à un néophyte...

Lorsque vous aurez terminé la lecture de ce rapport, vous verrez que plus aucune de vos objections ne tient.

Dès que vous vous connaîtrez, vous pourrez devenir maître de votre être, et dès lors maître de votre vie.

Vous pourrez devenir maître au lieu de rester esclave toute votre vie...

N'est-ce pas ce que vous souhaitez?

N'en avez-vous pas assez de subir les événements, d'être à leur merci, au lieu de pouvoir diriger votre destinée comme ceux qui réussissent?

Dès que vous vous connaîtrez, vous connaîtrez les lois de la vie, les lois spirituelles du succès, qui sont profondes et ne souffrent aucune exception.

Et votre vie du même coup se trouvera transformée.!

Alors, n'attendez plus, partez à la découverte de vous-même.

Reprenez une à une les questions et répondez-y.

Faites-le comme un jeu si vous voulez.

Mais n'oubliez pas qu'il s'agit peut- être du jeu le plus important de votre vie.

Au bout d'une heure, Monsieur Goldsmith m'avait livré tous ses secrets.

J'ai bien compris avec le temps que seul celui qui a vraiment réussi peut livrer ses secrets en si peu de temps.

Parce que pour lui, tout est clair.

Il ne s'agit pas de vagues théories prises dans des ouvrages confus et purement abstraits.

Il parle de sa propre expérience, de ses propres succès et aussi bien entendu de ses propres échecs car il n'est pas de succès, si grand soit-il, qui n'ait été accompagné d'échecs!

Lorsque Monsieur Goldsmith quitta ma voiture, je remarquai quelque chose que je n'avais pas observé jusque-là, et qui pourtant était très visible : mon passager était affligé d'un très sérieux défaut, pour ne pas dire d'une infirmité : IL BOITAIT!

Il devait même soutenir sa démarche hésitante avec une canne, du reste fort belle, en bois noir.

Monsieur Goldsmith se tourna à ce moment-même vers moi.

Il comprit que je découvrais son infirmité.

Et pourtant il me gratifia d'un large sourire.

Un sourire dont je me souviendrai toute ma vie.

Il y avait tant de joie, tant de jeunesse, et tant d'optimisme dans ce sourire.

C'était un sourire qui semblait dire à la vie le mot le plus simple et le plus beau qui soit : OUI!

Arrêtez-vous un instant, je vous prie, ami lecteur, et demandezvous si en votre for intérieur vous dites vous aussi OUI à la vie ou si à la place vous ne dites pas NON...

Car avec les années je me suis aperçu que la plupart des gens qu'ils s'en rendent compte ou pas - disaient non à la vie.

Quand dit-on non à la vie?

Quand chaque jour n'est pas l'occasion d'une fête...

Quand chaque jour ne nous permet pas d'échafauder des plans nouveaux et de nous rapprocher de notre objectif...

Quand nous nous laissons gagner par le découragement au lieu de contre-attaquer...

Quand nous ne voyons pas en chaque rencontre une occasion merveilleuse de nous enrichir à tout point de vue...

Quand nous laissons passer des occasions de réaliser nos rêves...

Quand nous manquons de confiance en nous-mêmes...

Oui, chaque fois que nous avons peur, nous nous fermons à la merveilleuse abondance de la vie, nous disons NON.

Dans le sourire de Monsieur Goldsmith, il me semblait que tout cet optimisme était contenu, et il me semblait également que c'est précisément cet optimisme qu'il avait voulu me communiquer...

Car visiblement, cette infirmité de Monsieur Goldsmith n'était pas le résultat de l'âge puisqu'il avait à peine 40 ans...

En elle, il avait puisé sa motivation, sa détermination.

Pensez aux grands hommes que vous connaissez, pas seulement à ceux qui emplissent les livres d'Histoire, mais à ceux qui sont encore vivants et qui vous entourent...

Evidemment, il n'y a pas que les handicaps physiques qui puissent être surmontés...

Souvent un seul pas de plus, et le succès est à votre portée...

Deuxième règle d'or : vous valez beaucoup plus que vous ne pensez!

Je vous imagine en effet, frais émoulu de l'école, plein d'espoir et de rêves.

Vous vous engagez par rapport à vous-même.

Et vous utilisez également une autre loi plus secrète et mystérieuse.

Les circonstances se plient toujours à votre état d'esprit, elles en sont le miroir fidèle.

Voici pourquoi l'exercice qui consiste à décrire précisément votre objectif professionnel est si important et si déterminant dans votre succès.

Pour hâter la réalisation de vos désirs, imaginez-vous que vous avez déjà obtenu leur réalisation.

5. Relisez tous les soirs avant de vous endormir votre objectif, au moins vingt fois d'affilée.

En répétant ainsi votre objectif, vous vous familiariserez avec lui.

C'est très important surtout si vous avez choisi (et je vous en félicite) de prendre un objectif audacieux.

Car un objectif audacieux vous paraît plus difficile à atteindre, il vous paraît étranger.

C'est pour cela qu'il faut le répéter souvent pour le rendre plus familier...

6. Bannissez la peur, qui est votre plus grand ennemi.

La peur est le résultat d'une mauvaise compréhension de la vie, et d'un manque d'estime de soi.

Ce qui est terrible avec la peur, c'est que ce que nous craignons ne manque pas de se réaliser, si nous persistons dans nos craintes, car la peur est une pensée, - une pensée très puissante puisqu'elle est chargée d'émotion -.

Elle tend donc à se réaliser comme toute autre pensée.

La célèbre actrice américaine Shirley McLaine explique dans son fameux best-seller MIROIR SECRET : "Colin et moi commencions à comprendre que la lutte, le conflit et la douleur n'étaient pas toujours nécessaire dans le processus créatif.

En réalité, pour nous, c'était déjà du passé.

C'est surtout (c'est moi qui souligne) parce que l'on croit que l'on a besoin de surmonter des difficultés que l'on se crée des obstacles et des empêchements dont on pourrait fort bien se passer.

J'appelai donc Jack Pursel pour une raison précise.

Nous avions donné notre premier script de trois heures aux gens d'ABC, et la réponse de Stan n'était pas très enthousiaste.

Je fis part de mes inquiétudes à Jack qui demanda conseil à Lazaris.

Inconsciemment, dit-il, vous n'êtes pas certaine de vouloir vous exposer devant cinquante millions de gens, ce qui est énorme par rapport à quelques millions qui ont lu vos livres.

Le résultat est que vous empêchez le projet d'avancer.

J'étais étonné, parce que intellectuellement j'avais compris la profondeur de ce concept, mais au fond de moi, je ne l'avais pas senti.

Précisément, dit Lazaris, vous avez une peur cachée du jugement d'un public de masse.

Reconnaissez cette vérité, et si vous parvenez à surmonter cette peur, l'énergie du projet sera dégagée, et vous verrez que ça repartira sans problème".

Pourquoi est-ce que je ne reconnais pas ma peur?

lui demandaiParce que, dit Lazaris, vous ne comprenez pas que vous créez votre réalité à chaque moment de la journée.

J'avais envie d'entendre ça encore une fois...

Vous voulez dire que c'est moi qui crée la réaction trop tiède des producteurs?

dit un peu plus loin Shirley McLaine, c'est qu'il faut libérer la peur, et, ce que l'on veut, on l'obtient sans effort, tout naturellement."

Elle contient en soi tout un programme.

C'est l'atout principal dont vous pouvez jouer pour forcer la chance.

Pensez à vos difficultés d'obtenir un premier emploi, ou de trouver un nouvel emploi qui vous convienne davantage à tous les niveaux.

N'y a-t-il pas en vous une peur secrète?

Une peur qui vous empêche de décrocher ce poste?

Ou même la croyance, encore plus pernicieuse que vous ne pouvez pas obtenir ce poste?

Que la concurrence est trop forte (c'est vrai qu'objectivement, il y a beaucoup de chômage et de concurrence) Hais soyez persuadé que votre poste existe et qu'il n'en tient qu'à vous de l'obtenir dès que vous aurez chassé la crainte et le doute en vous, dès que vous serez persuadé que vous pouvez le décrocher rapidement et sans grandes difficultés.

Cette loi (Donner avant de demander) vous permet de recevoir de la vie plus que tout ce que vous pouvez imaginer.

La plupart des candidats, même les plus sérieux, ont une attitude passive et attentiste.

Mais que faire au juste pour donner?

Vous pouvez par exemple, si vous avez étudié en marketing, préparer un plan de relance pour votre futur employeur.

Comme disait le philosophe Emerson, vous mettez pour ainsi dire Dieu dans votre dette.

Mais cédons-lui la plume: "Aimez, (ou sous une autre forme faites le premier pas vers votre employeur et il en fera un vers vous, ou un autre employeur le fera car il existe une justice immanente qui ne souffre aucune exception) aimez, donc, et vous serez aimé.

Une des conséquences les plus naturelles et les plus logiques de l'éternelle loi de la compensation qu'énonça Emerson, est que plus on donne plus on reçoit.

Il a donné par son labeur incessant, par les services qu'il a rendus, en créant un nouveau produit, en offrant un meilleur service qui a facilité la vie de ses contemporains.

Ceci est une loi éternelle qui ne souffre pas d'exception.

Ce qu'on apprend à cette école, c'est tout simplement à se connaître soi-même et à devenir maître de son propre esprit.

Je vais maintenant te donner la formule qui m'a mené au succès.

A tel point que je défie n'importe qui, même le plus sceptique de l'essayer 10 jours d'affilée sans obtenir des résultats phénoménaux.

Et c'est précisément cette puissance personnelle qui a pavé la voie de leur succès.

Une âme puissante et confiante reçoit en partage le bonheur et un corps sain.

Tous les soirs avant de t'endormir, moment favorable entre tous pour impressionner ton esprit profond, répète cent fois d'affilée cette formule.

Mais cela ne te prendra que quelques minutes.

Si tu veux avoir des effets encore plus rapides et profonds, répète cette formule 200 fois, 500 fois.

Répète-la également le matin juste après t'être éveillé.

Tu verras au bout de quelques jours à peine, la formule agira, je t'en donne l'assurance la plus formelle.

C'est la clef du bonheur et de la richesse.

Grâce â cette formule secrète, tous les objectifs que tu as pris soin d'écrire sur un papier, se réaliseront.

Comme par magie, les circonstances se produiront, toutes les choses se mettront en place.

Tu ne laisseras plus passer des occasions de succès, comme par le passé.

Ton esprit deviendra de plus en plus puissant.

Les gens autour de toi obéiront à tes désirs et â tes souhaits les plus profonds.

Les événements se plieront à ta volonté dont la force aura une puissance nouvelle et formidable.

En répétant cette formule qui fera désormais partie de ta vie, non seulement, tu acquerras une puissance qui fera de toi un homme totalement nouveau, mais tu verras éclore en toi la sagesse intérieure.

Tout ce que j'ai pu te dire, tous les principes que je t'ai exposés, tu les comprendras de l'intérieur, non pas avec ton seul intellect mais avec ton coeur.

Tu acquerras la compréhension réelle des choses, des êtres et de la Vie.

Alors tu comprendras que la plus grande puissance est celle de l'Amour.

Tu comprendras que la meilleure manière d'avoir du succès, c'est d'ailleurs la seule manière, c'est D'AIDER LES AUTRES.

Car en aidant les autres c'est soi-même que l'on aide.

Si ta réponse est non, alors renonce au projet.

Il ne t'apportera que soucis et pertes de toutes sortes.

Je t'ai donné la clé de mon succès.

Tu as maintenant tout ce qu'il te faut pour connaître le succès dans tout ce que tu entreprends.

Il y a une seule chose que je ne peux faire à ta place : c'est de répéter pour toi la formule secrète que t'ai confiée.

Tu peux donc décider de ta vie et de ton destin A PARTIR D'AUJOURD'HUI.

Ou feras-tu comme la majorité des gens qui sont victimes des événements?

C'est sur ces mots que Monsieur Goldsmith me quitta.

En une heure, j'allais m'en rendre compte plus tard, il m'avait VRAIMENT révélé tout ce dont j'avais besoin pour transformer ma vie.

Mais je n'avais rien à perdre.

J'avais pour ainsi dire tout essayé.

Ma vie m'était devenu quasi insupportable.

Alors le soir, lorsque je me retrouvai seul dans mon appartement minable, j'ai fait quelque chose que je n'avais jamais fait jusqu'à ce jour.

J'ai répété la formule que m'avait confié Monsieur Goldsmith.

Beaucoup plus rapidement que j'aurais pensé.

Au bout de trois semaines, je pris par hasard, dans mon Yellow Cab, le président d'une des plus importantes compagnie de publicité de New York.

Par quel hasard était-il monté dans mon taxi plutôt que dans celui d'un autre?

Je ne pus m'empêcher de penser à la formule de Monsieur Goldsmith.

Et à la puissance d"influencer les événements et les gens dont il m'avait révélé le secret.

Et je fis quelque chose que je n'aurais probablement pas osé faire quelques semaines auparavant.

J'expliquai au président de cette agence quel était mon rêve dans la vie.

Je lui dis que je voulais travailler pour son agence.

Il fut sans doute impressionné par la confiance nouvelle qui m'animait.

Et même si je n'étais qu'un modeste et obscur chauffeur de taxi, il me donna ma chance.

- Venez me voir, me dit-il, en me remettant sa carte.

Disait-il cela pour se débarrasser de moi?


Comment développer votre attention et votre mémoire par le Pr Robert Tocquet.

Concepts:

mémoire, esprit, procédés, essentiellement, connaissances, exercices, souvenirs, méthode fragmentaire, précision, lecture, méthode globale, répétition, disciplines, personnalité, facilement.

medium_attentionmemoire.2.jpgÉnoncés:
Votre mémoire dépend essentiellement de lois psychologiques, par exemple de votre motivation.

Elle engage toute votre personnalité et sa qualité dépend essentiellement de votre ressort affectif.

Vous retenez surtout ce que vous aimez, ce qui vous intéresse.

Ainsi, un sportsman, qui connaît par coeur les noms, l'ascendance, les performances d'un grand nombre de chevaux de course, peut être incapable de retenir une formule physique ou de chimie même relativement simple.

Ce n'est pas qu'il ait tout spécialement la mémoire de ce qui concerne le cheval, mais, comme il s'intéresse aux courses plus qu'aux sciences, sa mémoire est polarisée.

Il en est de même de la mémoire du politicien qui se rappelle le contenu des discours de ses collègues.

Et cette polarisation peut s'appliquer à des domaines très voisins.

Vous avons par exemple connu un jeune garçon qui, dès l'âge de 8 ans, connaissait le nom et l'emplacement des principaux cratères et des montagnes de la Lune alors qu'il était incapable de situer les montagnes de votre globe: il s'intéressait vivement à l'astronomie et pas du tout à la géographie.

Vous devez, pour la même raison, rechercher sincèrement ce que vous aimez faire et diriger, autant que possible, vos études et votre travail dans cette direction.

Toutefois, l'écueil ici est de prendre pour des aptitudes les penchants que l'on peut avoir à l'égard de telle ou telle discipline, de tel ou tel travail, de telle ou telle fonction, car si les talents et les goûts sont fréquemment associés, ils sont parfois divergents et même opposés.

Autre chose est de se plaire à un travail, autre chose est d'y être qualifié.

Le fait est particulièrement net dans le domaine de l'art et de la littérature.

De même, il est souvent difficile de discerner les aptitudes réelles d'un adolescent et de dégager celles qu'il doit cultiver spécialement.

Ses véritables capacités peuvent être endormies ou retardées.

Aussi convient-il d'être extrêmement prudent dans le domaine de l'orientation professionnelle d'autant plus qu'en l'occurrence les tests sont parfois assez artificiels.

En outre, il faut souligner que les exigences des examens universitaires et de la vie quotidienne obligent souvent à assimiler des connaissances qui peuvent ne pas vous intéresser ou pour lesquelles vous éprouvez même plus ou moins d'aversion.

Avant d'entreprendre leur étude, méditez sur les motifs susceptibles de vous y faire prendre goût.

Vous en découvrirez certainement, ne serait-ce que l'opportunité de posséder ces connaissances afin de satisfaire vos ambitions, vos intérêts, votre désir de supériorité et de progrès.

Leur assimilation devient alors un problème personnel, une sorte de compétition sportive dont vous devez sortir triomphant.

Mais, en fait, il n'est pas de discipline intellectuelle, si aride soit-elle, qui ne présente quelques aspects agréables et séduisants.

Notez au passage que l'importance du facteur affectif dans vos études est bien connue des éducateurs: tel garçon ne peut, par exemple, apprendre ses récitations, non parce qu'il manque de mémoire, mais parce que son professeur de français lui est antipathique.

Qu'il change de professeur et la mémoire des textes devient normale.

Dans cet ordre d'idées, le psychologue américain Kurt Lewin a mis en évidence le rôle de l'émotion dans le travail intellectuel et la mémoire.

Il divisa ses élèves en deux groupes égaux, les fit installer dans deux salles différentes, puis félicita les élèves d'un groupe pour leur travail et blâma ceux de l'autre groupe.

Les formules scientifiques délicates, les passages difficiles, les mots obscurs seront éclairés et précisés par le recours à des ouvrages adéquats suffisamment explicites, par l'interrogation de moteurs de recherche sur le web et par l'usage du dictionnaire qui doit être toujours à la portée de la main.

II enseigne avec précision, stimule votre curiosité, éclaire votre jugement, enrichit et fortifie votre pensée tout en vous faisant souvent mesurer l'étendue de votre ignorance.

Pour retenir facilement une suite de faits historiques, vous chercherez à déterminer les rapports naturels qui ont existé entre eux.

Vous retenez facilement un spectacle, un fait, une lecture, une notion qui ont suscité une sensation forte.

Cette faculté donne le privilège de ne rien retenir du premier coup, et, par conséquent, de ne pas être encombré de souvenirs du hasard.

Le grand ennemi de la mémoire est la confusion.

Les auxiliaires les plus puissants sont la netteté, la précision et l'ordre.

Ne cherchez donc pas à appréhender un grand nombre de notions à la fois et celles que vous maintiendrez à la lumière de l'attention seront bien précises et réduites à l'essentiel.

Vous en éliminerez les menus détails de façon à les présenter à l'esprit sous la forme d'idées générales.

Celles-ci soulagent la mémoire parce que, sous une représentation unique, un seul mot, une seule formule, une seule phrase, elles embrassent une multitude de faits particuliers.

Notez au passage que toute la publicité est basée sur ce principe: pour être retenus, les slogans et les noms de marque doivent être présentés sous des formes simples et précises.

En outre, l'ordre est le besoin le plus impérieux de l'esprit; la mémoire, en particulier, ne peut s'en passer.

Grâce à l'ordre, elle retient sans peine, porte légèrement et retrouve à volonté une quantité incroyable d'idées et de faits; sans ordre, elle succomberait sous un fardeau mille fois moindre.

Cela est si vrai qu'à défaut d'ordre rationnel les procédés mnémotechniques, dont vous parlons dans la dernière partie, offrent un ordre conventionnel plus ou moins artificiel.

Mais il n'y a d'ordre véritable que l'ordre logique.

donc les idées générales et les idées secondaires rationnellement, c'est-à-dire hiérarchisées et reliées entre elles par des liens logiques.

Tel est le moyen de faire que votre esprit soit bien plein sans cesser d'être bien fait, d'être rempli sans être encombré, et contienne beaucoup sans porter en lui aucun poids mort.

Ce qui n'empêche que chacun a sa mnémotechnie personnelle et ses petits procédés plus ou moins ingénieux pour grouper ses souvenirs et les faire revenir fidèlement à la conscience.

Ainsi, il est utile, dans l'exercice de la mémoire courante, d'établir des «jalons», des «points de repère» bien choisis et de grouper autour d'eux tous les souvenirs connexes ou subordonnés.

Pour situer par exemple dans le temps un souvenir indécis un peu vague, vous pouvez le faire osciller, sur la ligne du passé, entre deux points de repère; vous le rapprocherez de l'un, vous l'éloignerez de l'autre et vous le daterez par comparaison avec l'un d'eux.

Vous pourrez dire : «Le fait s'est passé une semaine après les vacances, 15 jours avant la maladie de mon frère, la veille de tel événement important, etc.» Vacances, maladie, événement marquant sont des points de repère datés avec précision et exactitude; ils peuvent servir à localiser et à dater d'autres souvenirs.

Une démarche analogue de l'esprit peut être employée en histoire pour dater un événement déterminé.

La vivacité de l'impression et de la sensation premières conditionne la conservation des images.

Toutefois, il se peut qu'elle soit faible ou même pratiquement nulle.

En ce cas, à défaut de vivacité, la répétition donnera à l'impression faible une force supplémentaire.

Les enfants, livrés à eux-mêmes, ne connaissent pas d'autres procédés pour apprendre et retenir leurs leçons.

Mais il y a un art du rabâchage.

La première et la seconde lecture seront faites à haute voix, puis vous répéterez mentalement le texte.

disait-il, par exemple, vous vous appelez Monsieur Dupensier.

Comme c'est curieux, j'ai connu un Léon Dupensier à Marseille.

Lorsqu'il s'agit d'apprendre littéralement un morceau de prose ou de poésie vous pouvez utiliser la méthode fragmentaire ou la méthode globale.

Le rappel mnémonique se faisant de proche en proche à travers un réseau d'associations multiples, qui vont du connu aux images mnésiques, un souvenir sera d'autant plus stable et d'autant plus facile à ramener à la conscience qu'il a plus de relations avec d'autres souvenirs.

C'est ainsi que le souvenir des mots est généralement excellent parce qu'il est habituellement enraciné dans quatre mémoires différentes qui ont été mises en évidence par la maladie qui peut supprimer l'une sans atteindre les trois autres: la mémoire auditive, la mémoire visuelle, la mémoire graphique et la mémoire d'articulation.

Si vous vous le représentez nettement en votre esprit, c'est que vous êtes essentiellement un «visuel».

En définitive, la pratique des mathématiques doit être essentiellement une activité vivante.

Les connaissances en physique et en chimie ne seront solides que si elles sont soutenues par des expériences et par des exercices numériques.

Même livré à vous-même, vous pouvez monter un petit laboratoire de physique et de chimie qui vous permettra de réaliser de nombreuses expériences que vous confronterez avec les données livresques.

La joie d'apprendre, l'esprit d'initiative, voire de créativité seront ainsi considérablement stimulés.

En outre, pour assimiler parfaitement les leçons qui sont faites en classe, rien de tel que de résoudre des problèmes de physique et de chimie.

A cet effet, vous utiliserez avec profit des recueils de problèmes avec leurs solutions.

Mais, en l'occurrence, disons immédiatement que ces ouvrages peuvent être inutiles s'ils sont mal employés.

Ils manqueraient en effet complètement leur but s'ils n'étaient lus qu'en vue d'être compris car ils donneraient l'illusion d'une facilité trompeuse en offrant une nourriture toute digérée.

Vous devez d'abord ignorer les solutions et n'en prendre connaissance qu'après avoir tenté de résoudre les problèmes par ses propres moyens.

Et alors vous verrez si les résultats obtenus sont exacts et si l'on a appliqué de bonnes méthodes.

En sciences naturelles, il vous sera facile d'herboriser, de constituer une collection d'insectes et de roches, de disséquer de petits animaux.

Il existe des livres spéciaux qui vous guideront utilement dans ces travaux et ces recherches.

Notons ici que les disciplines d'enseignement désignées naguère encore sous les noms de zoologie, de botanique, de géologie, etc., s'effacent aujourd'hui devant l'écologie, l'éthologie, la psychophysiologie, la biologie, la biologie fondamentale, la génétique, etc.

Et il ne faudrait pas croire que cette mutation est purement verbale.

Elle exprime le prodigieux bond effectué actuellement par les sciences de la nature, notamment dans les biotechnologies, si prodigieux même que certains ont pu dire que vous entrons dans l «ère biologique».

II s'ensuit que l'enseignement des sciences naturelles réunit une exceptionnelle étendue de moyens éducatifs et il est indispensable que son incomparable valeur culturelle, sa spécificité, sa perspective humaniste soient affirmées et mises à profit à tous les niveaux de la scolarité.

On peut, sans instrument, apprendre à connaître les principales constellations et les planètes visibles, observer les phases de la lune et différents phénomènes célestes: étoiles filantes, éclipses du soleil et de la lune, lumière zodiacale, etc.

contempler les principales merveilles du ciel: des étoiles doubles ou triples, les nébuleuses d'Orion et d'Andromède, les taches du soleil (Un verre noir doit être alors adapté à l'oculaire.), les cirques, les cratères et les montagnes de la lune, les phases de Vénus, les calottes polaires de Mars, les satellites de Jupiter, l'anneau de Saturne.

Si vous êtes étudiant en médecine, vous ne manquerez pas de comparer les états et les rythmes pathologiques à l'état de santé et aux rythmes normaux que vous apprendrez à connaître sur vous-même ou sur des camarades d'étude.

En l'occurrence, l'ordinateur simule certaines maladies et l'étudiant effectue des analyses de laboratoire, puis, d'après les résultats, formule son diagnostic qui est immédiatement corrigé par la machine.

Les notions historiques seront associées à des connaissances géographiques et, dans la mesure du possible, illustrées par des visites à des musées et par la consultation de documents originaux.

L'étude des langues vivantes sera favorisée par l'emploi du magnétophone, du CD rom, de la radio, et, s'il se peut, comme ceci a lieu dans certains établissements scolaires spécialement équipés à cet effet, par la vidéo, car si le magnétophone, le CD rom et la radio permettent un contact direct avec la langue vivante authentique, la projection cinématographique et surtout la vidéo vont au-delà : elles vous plongent, en quelque sorte, dans un «bain de langue étrangère», elles vous placent au milieu d'une série de comportements appropriés aux structures linguistiques.

Enthousiasmé par cette réussite, il inventa le «cérébrographe» constitué d'un magnétophone, d'une pendulette électrique et d'un minuscule haut-parleur que l'on place sous l'oreiller.

A une heure déterminée, qui correspond au sommeil profond, l'appareil se met en marche de lui-même et chuchote une leçon préalablement enregistrée.

Il est vraisemblable que l'élaboration subconsciente du cerveau pendant le sommeil est concomitante de son état particulier caractérisé par ce fait qu'il est alors le siège des rythmes électroencéphaliques «alpha» ou «delta».

Ces courants d'action sont de très faible voltage (de l'ordre du dixième de millivolt) et sont oscillants d'où le nom impropre qui leur est parfois donné d «ondes cérébrales».

Selon leur fréquence (c'est-à-dire d'après le nombre d'oscillations qu'ils présentent à la seconde) et selon leur amplitude, on distingue essentiellement quatre sortes de courants électriques cérébraux que l'on désigne par leur rythme: les rythmes «alpha», «bêta», «thêta» et «delta».

Il est constitué de très petites oscillations de fréquence plus rapide que celle du rythme alpha (14 à 30 oscillations par seconde).

Cela fait, vous vous installez confortablement dans un fauteuil ou, mieux, vous vous étendez sur une chaise longue, sur un divan ou sur un lit et vous cherchez à réaliser un état de relaxation aussi complet que possible.

Alors, au bout de quelques minutes, et comme vous l'avons signalé, les bruits du dehors sont faiblement perçus, les membres semblent engourdis, la sensibilité est atténuée.

C'est à ce moment que doit fonctionner le texte enregistré grâce à l'intervention d'une tierce personne, ou, de préférence, à l'aide d'un dispositif automatique, tel que le «task scheduler», préalablement réglé.

Les paroles, susurrées selon un débit plutôt lent, doivent être tout juste audibles.

Au cours de l'audition, aucun effort d'attention ni même de compréhension ne doit être fait.

Dans ces conditions, les connaissances, et notamment les connaissances linguistiques, s'inscriront comme par enchantement dans le cerveau.

En l'occurrence, vous avez provoqué en effet, mais en quelque sorte volontairement et en connaissance de cause, ce qui se produit lorsque l'inconscient travaille au cours du sommeil.

Notons au passage que cette façon d'apprendre est à la base de la suggestopédie mise au point par Georgi Lozanov, médecin et psychothérapeute bulgare.

Les étudiants se trouvant dans un état de relaxation aussi complet que possible, l'instructeur psalmodie, sur un fond de musique classique, les matières qu'il désire enseigner lesquelles sont, en général, des langues étrangères.

Durant cette phase passive, ils ne doivent pas prêter attention à la leçon, mais écouter uniquement la musique.

Cette méthode, qui depuis plusieurs années est utilisée au célèbre Institut de Suggestologie de Sofia, est maintenant répandue dans le monde entier, et, en particulier aux Etats-Unis où elle est largement commercialisée.

Mais le procédé est souvent exploité sous une forme qui frise le charlatanisme.

Et ces auteurs ajoutent: «Aux États-Unis, les sociétés qui consacrent leur activité à l'enseignement en état second font des millions de chiffres d'affaires.»

Quoi qu'il en soit, malgré les succès incontestables de la suggestologie et des méthodes qui s'y rattachent, nous estimons que les autres procédés que vous trouverez dans cet ouvrage et qui font appel à l'attention, au jugement, au raisonnement, à l'association des idées, conservent toute leur valeur et ne doivent pas être négligés.

En même temps qu'ils facilitent la mémorisation, ils développent en effet un certain nombre de facultés de l'esprit de sorte qu'en ce qui concerne en particulier l'instruction, l'assimilation des connaissances et l'éducation, ce serait courir après un mirage que de vouloir établir toute une pédagogie excluant l'effort volontaire et la réflexion consciente.

La conservation des souvenirs exige des circonstances favorables telles qu'une bonne nutrition, une bonne circulation, une bonne oxygénation cérébrales.

Or, même si ces conditions sont remplies, la mémorisation est difficile lorsque le cerveau est fatigué.

Si vous êtes surmené, las, énervé, vous êtes peut-être capable d'effectuer un travail machinal, de prendre des notes, d'écrire une lettre, mais vous vous trouvez dans de mauvaises conditions pour apprendre.

Cela est si vrai que les candidats qui préparent un examen ou un concours dans un état de surmenage gardent peu de souvenirs des leçons qui leur sont faites au cours de la période qui correspond à cet état.

En règle générale, c'est dès les premières heures qui suivent le réveil que le cerveau est dispos et que l'énergie de l'esprit est la plus grande.

Lorsque vous «ne faisons rien», quand vous «ne pensons à rien», des images, des idées, se succèdent en votre esprit à la faveur d'associations parfois bizarres.

La culture de l'attention, bien qu'étant en marge de la culture de la mémoire, se rattache étroitement à celle-ci, car, le plus souvent, le développement de la mémoire est proportionnel à celui de l'attention.

La personnalité est prise, c'est-à-dire que toutes les tendances de l'individu, toute son énergie disponible visent un même point.

Votre premier soin sera donc de maîtriser vos mouvements inconscients.

A vous de ne pas les imiter et d'imposer le calme à vos réactions musculaires involontaires: vous créerez ainsi les conditions physiologiques de l'attention, car, ainsi que l'a dit William James à propos de la peur, et cette remarque s'applique à un grand nombre d'états psychiques où l'émotion entre en jeu, «l'on ne s'enfuit pas parce qu'on a peur, mais l'on a peur parce qu'on s'enfuit».

De plus, quelques mouvements matinaux de gymnastique exécutés lentement en leur accordant toute votre attention, des exercices bien rythmés de respiration profonde, vous aideront à vaincre vos réflexes musculaires inopportuns.

Vous éduquerez rapidement votre ouie et en même temps votre attention en vous efforçant de saisir les différences de timbre dans les voix, en cherchant à caractériser une personne par le rythme et le bruit de ses pas, en vous évertuant à pénétrer le sens des paroles échangées par des passants.

Maintenez à bout de bras un verre rempli d'eau et évitez les moindres Placez-vous contre un mur, le dos bien appliqué à la maçonnerie, le corps très droit, les talons touchant le mur, les bras tombant le long du corps.

Au début, vos mouvements s'embrouillent vite, des distractions vous amènent des arrêts, mais, à mesure que votre concentration mentale devient meilleure, que votre attention se développe, vous réaliserez de mieux en mieux l'exercice.

Un exercice du même ordre consiste à mettre en jeu les deux mains dont les doigts sont allongés et réunis en pointe.

Vous tenez vos mains devant vous, l'une en face de l'autre, à une faible distance.

Vous faites décrire à la main droite une circonférence d'une vingtaine de centimètres de diamètre, et, tout en continuant ce mouvement de rotation, vous décrivez avec la main gauche une circonférence analogue, mais en tournant en sens inverse.

Voici maintenant quelques exercices qui développent à la fois l'attention et la mémoire.

L'un des plus simples et cependant très efficace consiste à mélanger 10 ou 12 morceaux de carton coloriés différemment, à les aligner sur une table, et, dos tourné, à déterminer la position de chaque carton en commençant par la gauche ou par la droite.

Les deux exercices qui suivent sont plus compliqués.

Faites établir par une tierce personne un tableau divisé par exemple en douze cases sur chacune desquelles un objet (soucoupe, vase, chandelier, balance, parapluie, marteau, tenaille, etc.) est représenté.

Vous regardez attentivement ce tableau afin d'obtenir un souvenir exact et complet de ce que représente chaque objet, de la place qu'il occupe et de la manière dont il est disposé dans la case.

Un second tableau de 12 cases a été également établi mais les dessins figurant dans chaque case ne sont pas à la même place que dans le tableau précédant, et, en outre, ils peuvent présenter une disposition différente.

Ainsi, l'image d'un marteau ayant été dessinée dans le premier tableau selon l'une des diagonales d'une case peut être dessinée selon l'autre diagonale dans le second tableau; le plateau de l'image d'une balance peut pencher à droite dans le premier tableau et pencher à gauche dans le second, etc.

Le premier tableau étant retiré de votre vue, l'exercice consiste, après avoir examiné avec attention le second tableau, à indiquer, d'une part, pour chaque dessin, le numéro de la case du premier tableau dans laquelle il figurait, et, d'autre part, à préciser si le dessin a été modifié, soit par sa position, soit par quelques détails particuliers.

En remplaçant les dessins d'objets par des figures d'aspect géométrique, l'exercice, bien qu'étant analogue au précédent, est plus difficile à réaliser.

En effet, sa difficulté résulte du choix des figures géométriques qui, par leur forme abstraite, éveillent peu l'imagination de sorte que leur souvenir se conserve mal.

D'autres exercices peuvent être réalisés au gré des circonstances, c'est-à-dire sans préparation préalable.

L'un d'eux consiste, comme le faisait Robert Houdin, à observer les objets exposés dans une vitrine, à en établir la liste une fois rentré chez soi et à aller la vérifier le lendemain.

Le célèbre prestidigitateur avait ainsi acquis une telle puissance d'attention qu'il lui suffisait de jeter un coup d'oeil sur la vitrine d'un magasin pour être en mesure de dire immédiatement tout ce qui s'y trouvait.

Il donnait l'impression de décrire une photographie.

Une variante de cet exercice consiste à entrer dans une chambre meublée, jeter un regard rapide autour de soi puis noter tous les détails que vous avez pu recueillir.

Vous serez étonné des progrès rapides qui suivront cet entraînement.

Vous pouvez également examiner un objet quelconque, considérer sa forme, ses dimensions, sa couleur, ses détails particuliers, etc., puis, retiré de la vue, en faire de mémoire une description aussi complète que possible.

Il convient de ne pas laisser encombrer votre esprit et par conséquent votre mémoire par l'idée que vous avez à accomplir ces nombreux petits actes journaliers qu'il faut nécessairement exécuter à un moment donné.

Si vous avez un paiement à effectuer, vous le règlerez le plus tôt possible, ce qui vous évitera de penser à cet acte (qui peut être désagréable) et, de plus, donnera satisfaction au créancier.

De même, une note à faire payer sera d'autant plus facilement acceptée par le débiteur que le souvenir de la dette est plus récent.

Il existe, pour aider la mémoire, de nombreux systèmes qui sont désignés sous le nom de procédés mnémotechniques.

Un jour que j'étais pris d'une soif de lionne (Yonne), je vis à quoi l'eau sert (Auxerre, chef-lieu de l'Yonne) et comme un homme de bon sens (Sens, chef-lieu d'arrondissement) j'y joignis (Joigny, chef-lieu d'arrondissement) un peu de sucre.

Examinons ici les systèmes les plus pratiques et les plus efficaces: le système des relais, le système des articulations chiffrées et quelques autres procédés de moindre importance.

On retiendra facilement cette table en faisant les remarques suivantes: t, représentant 1, n'a qu'un jambage et ressemble au chiffre 1; n, représentant 2, a deux jambages: m, représentant 3, a trois jambages; r, représentant 4, ressemble à ce chiffre renversé; l, représentant 5, ressemble au 5 que, dans l'écriture cursive, l'on fait d'un seul trait de plume; j représentant 6, a une boucle en bas comme le chiffre 6; q ou k ressemblent, comme le chiffre 7, à une sorte de potence; f, représentant 8, a deux boucles comme le chiffre 8; p, représentant 9, a une boucle à sa partie supérieure comme le chiffre 9; c, représentant 0, offre une certaine ressemblance avec ce chiffre.

Pour s'en souvenir, vous pouvez également, avec l'abbé Moigno, utiliser ce vers (à vrai dire médiocre, mais cela n'a guère d'importance étant donné le but visé) où les mots commencent successivement par les lettres, d, n, m, r, etc., rangés dans l'ordre 1, 2, 3, 4, etc.:

La table étant sue imperturbablement, vous substituez les lettres aux chiffres; puis vous construisez des mots et des phrases.

Soit, par exemple, à retenir la hauteur du Mont-Blanc: 4810 m. Remplaçons chaque chiffre par la consonne correspondante.

Cette première traduction n'a aucun sens et il est aussi et même plus difficile de se rappeler r, v, d, s, que de se souvenir de 4 810.

Mais le travail ne s'arrête pas là.

Les consonnes ne constituent que la trame du mot réel; pour le créer vous introduit entre celles-ci des voyelles.

Toute liberté étant laissée au mnémotechnicien, vous pouvons former le mot ravaudeuse.

Et la phrase à utiliser pourra être celle-ci: Mon blanc manteau est chez la ravaudeuse (r, v, d, s: 4810) soit 4810 mètres.

1° Seules, les consonnes sonnantes représentent des chiffres.

Ainsi, dans «consonne», il n'y a que c, s'et n qui doivent se traduire en chiffres, ce qui donne 702 et non 7022, le deuxième n ne comptant pas.

De même, n'et m'ayant un son nasal comme dans en, un, ara, etc., ne comptent pas.

2° Les consonnes non prononcées ne comptent pas.

Ainsi, au mot «compte» correspond 71 et non 731 car m n'est pas prononcé.

«Comptoir» fera 714, car le p n'est pas prononcé.

3° Une consonne qui termine un mot doit être comptée si elle sonne par suite d'une voyelle commençant le mot suivant.

11. 4° Si, dans la plupart des cas, les consonnes redoublées ne comptent pas, il y a exception lorsqu'elles sont prononcées comme dans «accent» qui se dit «aksent».

Le système des articulations chiffrées peut être employé pour établir des formules mnémoniques relatives à la géographie, à histoire, aux mathématiques (par exemple la détermination d'un certain nombre de décimales de pi qui représente le rapport de la circonférence à son diamètre et qui est exprimé approximativement par la fraction 22/7), à la physique et aux diverses mémorisations.

En l'occurrence, il convient de noter que les meilleures formules, ou, plus exactement, les plus facilement utilisables, sont celles que l'on établit soi-même.

En ce qui concerne l'histoire, vous peut supprimer le 1 du millésime lorsqu'on sait pertinemment que l'événement se situe après l'an mille.

Le mot, qui exprime ce millésime, se trouve simplifié.

C'est ce que vous avons fait à partir du 4e exemple de la liste suivante.

Après la bataille de Soissons, Clovis humilié prit sa revanche (r, v, ch, = 486).

Après cette bataille, Charles Martel chassa les Sarrasins de nos communes (c, m, n, = 732).

Soumission des Lombards et des Saxons à Charlemagne.

Des Lombards et des Saxons, Charlemagne fut le conquérant (c, q, r, = 774).

Voici maintenant quelques procédés qui diffèrent des systèmes précédents.

II consiste à établir une phrase facile à retenir et formée de mots dont la première lettre (ou la première syllabe) est la même que celle des mots à apprendre.

Vous pouvez rapporter à l'excellent cours de Christian Godefroy, «Comment Développer une Etonnante Mémoire», pour perfectionner votre mémoire à l'aide de procédés mnémotechniques.


Le Prophète par Khalil Gibran.

Concepts: coeur, amour, soleil, vie, esprit, profonde, dieu, lèvres, silences, navire, Orphalese, vous-mêmes, vérité, vents, âme. medium_prophete.jpgÉnoncés: Elu est le bien-aimé Almustafa, qui était l'aurore illuminant ses propres jours, avait attendu douze ans dans la cité d'Orphalese le retour de son navire, lequel devait le ramener en son île natale.

Au cours de la douzième année, au septième jour de l'Ielool, le temps de la moisson, il gravit la colline et par-dessus les remparts, alors qu'il scrutait l'horizon, il aperçut son navire approcher avec la brume.

Aussitôt les portes de son coeur s'ouvrirent avec force et sa joie se précipita par delà les mers.

Puis, fermant les yeux, il se recueillit dans les silences de son âme.

Comment pourrais-je m'en aller avec calme et sans regret?

Non, ce n'est point sans une profonde blessure au coeur que je devrai faire mes adieux à cette cité.

J'ai passé entre ces murs de trop longues journées de douleur et de trop longues nuits de solitude.

Lorsque arrive le moment de se libérer de la souffrance et de la solitude, comment le faire sans regret?

J'ai laissé trop de mon âme au détour de chacune de ces rues comme mille images dispersées de ma mémoire et mon attente s'est communiquée; d'elle a essaimé cette multitude d'enfants nus qui errent de-ci de-là dans les collines et que je ne saurais quitter sans que m'en pèse la douleur.

Ce n'est pas une couronne que je pourrais rejeter du jour au lendemain, c'est une peau qu'il me faut déchirer de mes propres mains.

Ce n'est pas quelques souvenirs que je laisse derrière moi, mais un coeur que ta faim et la soif ont adouci.

Cependant je ne peux différer mes adieux plus longtemps.

La mer qui rappelle toute chose me réclame et je dois prendre le large.

Car séjourner ici encore, malgré les heures brûlantes de la nuit, c'est transir et devenir de glace et s'enfermer dans un moule.

Il y a tant de choses ici que j'emporterais volontiers avec moi.

La voix ne peut emporter dans son envol la langue et les lèvres qui lui ont donné des ailes.

C'est seule qu'elle doit s'élancer dans l'éther.

Et ce sera seul et sans emporter son nid, que l'aigle prendra son envol à la face du soleil.

Comme il redescendait la colline, il se retourna encore une fois vers la mer.

C'est alors qu'il reconnut les marins sur la proue du bateau qui approchait du port.

C'était les hommes de son pays.

Vous qui tant de fois avez navigué dans mes rêves, vous êtes maintenant venus jusqu'à cette heure de ma métamorphose, qui sera de tous mes songes, le plus profond.

Je suis prêt, et toutes voiles dehors, mon désir ardent n'attend que le vent.

Et je me tiendrai parmi vous, debout comme un marin parmi les marins.

Et je serai à toi, telle une goutte éperdue rejoignant l'océan sans entraves.

Comme il marchait, il vit que des hommes et des femmes quittaient en grand nombre champs et vergers depuis les terres les plus lointaines, et se hâtaient aussi vers les portes de la cité.

Et il les entendit évoquer son nom et se héler d'un champ à l'autre pour annoncer la venue du vaisseau.

Lorsqu'il entra finalement dans la cité, tout le peuple vint à sa rencontre et tous l'imploraient de tout leur coeur comme d'une seule voix.

Tu as été un déferlement de soleil dans notre crépuscule et ta jeunesse nous a comblés de rêves à rêver.

Maintenant notre amour te réclame et veut se dévoiler devant toi.

Elle l'interpella alors en lui disant: Prophète de Dieu, en quête d'apogée, longtemps tu as scruté l'horizon dans l'espoir d'y apercevoir ton vaisseau.

Combien brûlant doit être ton désir de rejoindre la terre de tes souvenirs, où résident depuis toujours tes plus grands espoirs; et si grand que soit notre amour, il ne voudrait pas te retarder ni nos besoins te retenir.

Dans ta profonde solitude tu as veillé au coeur de nos jours, et dans ta veille lumineuse tu nous entendais pleurer et rire dans notre sommeil.

Enfin, vous endormir avec en votre coeur une prière pour l'être aimé et sur vos lèvres un chant de louanges.

Et il répondit: lors un homme riche dit: Parle-nous du Don.

Vous donnez peu lorsque vous donnez de vos biens.

C'est lorsque vous donnez de vous-mêmes que vous donnez vraiment.

Que sont vos biens sinon des choses que vous gardez jalousement dans la crainte d'en avoir besoin plus tard?

De quel profit aura été la prudence du chien, enterrant si profondément ses os dans le sable alors qu'il suit les pèlerins vers la ville sainte, qu'il ne peut les retrouver?

La peur de connaître le besoin n'est-elle pas le besoin lui-même?

Et la crainte de la soif, alors même que votre puits est plein, n'est-elle pas justement la soif qui ne peut être apaisée?

Il y a ceux qui donnent peu alors qu'ils sont dans l'abondance, et qui, lorsqu'ils donnent, le font pour gagner quelque crédit dans l'esprit d'autrui; et leurs motifs inavoués achèvent de rendre leurs dons douteux.

Et il y a ceux qui ont peu, mais qui donnent tout.

Ceux-là croient en la vie et dans la générosité de la vie, c'est pourquoi leur coffre n'est jamais vide.

Ils donnent comme la toute-épice, là-bas, dans la vallée, répand son parfum à l'entour.

Tout ce que vous possédez un jour sera donné; Donnez donc maintenant afin que votre heure de générosité soit et que ce ne soit celle de vos héritiers.

Vous dites volontiers: "Je veux bien donner, mais seulement à ceux qui le méritent.

Ce n'est pas ce que disent les arbres de vos vergers ni les troupeaux de vos pâturages.

Au contraire, considérez ces dons comme des ailes avec lesquelles vous pourrez vous élever avec celui qui donne.

Car si vous vous sentez par trop endettés, vous finirez par douter d'une générosité qui a la terre inépuisable pour mère, et Dieu pour père.

Si seulement vous pouviez vivre du parfum de la terre et, comme la plante, vous contenter de lumière.

Lorsque vous tuez une bête, dites-lui dans votre coeur: " Par cette même loi inexorable qui t'abat, je serai moi aussi abattu et consommé.

Quand l'hiver venu vous boirez de ce vin, ayez une chanson au coeur pour chaque coupe que vous en aurez tiré.

Et qu'il y ait dans votre chanson une pensée pour les jours d'automne, pour la vigne et pour le pressoir.

Vous avez toujours entendu dire que le travail était une malédiction et le labeur une misère.

Mais je vous dis maintenant: lorsque vous travaillez, vous accomplissez en partie le plus vieux rêve de la terre dont vous êtes devenus les dépositaires aussitôt que ce rêve advint.

Mais si, dans un moment de désarroi, vous voyez dans votre naissance une affliction et dans la nécessité d'assurer votre subsistance, une malédiction dont vous portez la marque sur le front, alors je vous dirais: seule la sueur de votre front saura en effacer la marque infamante.

Vous avez également entendu dire que la vie n'est que ténèbres et dans votre lassitude, vous ne pouvez que répéter ce que disent les éreintés.

Lorsque vous travaillez avec amour, vous resserrez vos liens envers vousmêmes, envers les autres et envers Dieu.

La tristesse devient une joie lorsqu'on la connaît mieux.

Plus profonde est la blessure laissée par les chagrins, d'autant elle pourra contenir la joie.

Quand vous éprouvez la joie, sondez votre coeur; il vous apparaîtra que seul ce qui vous a procuré du chagrin peut maintenant vous procurer de la joie.

Et quand vous êtes plongés dans le chagrin, sondez à nouveau votre coeur et vous verrez qu'en vérité vous regrettez ce qui faisait votre bonheur.

Certains d'entre vous disent volontiers: " La joie est sans limite et plus grande que la tristesse.

Bâtissez d'abord en imagination un berceau de verdure au coeur de la forêt avant de vous ériger une maison dans l'enceinte de la ville.

Par le rêve, ne lui arrive-t-il pas de quitter la ville pour se perdre dans les broussailles et se hisser au sommet des collines?

Il faudra attendre quelque temps avant que les murs de la ville cessent de séparer vos champs de la chaleur de vos foyers.

Vous n'accepterez pas de vous laisser rogner les ailes pour en franchir la porte, ni de courber la tête de crainte de ne heurter le plafond, ni de retenir votre souffle de peur que les murs ne se rendent et ne s'écroulent.

Et il répondit: e tisserand dit: Parle-nous des Vêtements.

Vos vêtements ne font que tenir votre beauté à l'abri des regards, mais ils ne cachent pas ce qui est disgracieux.

En cherchant par vos vêtements à ménager autour de vous un espace d'intimité, vous risquez de vous enfermer dans un carcan et de vous enchaîner.

Puissiez-vous vous dépouiller davantage pour aller au-devant du soleil et du vent.

Car le souffle de la vie est dans les rayons du soleil et la main de la vie est dans le vent.

Certains d'entre vous disent: " C'est le vent du Nord qui a tissé les vêtements que nous portons.

Et son ouvrage fini, il éclata de rire au fond des forêts.

N'oubliez pas qu'il n'est de meilleur bouclier contre les yeux concupiscents que la pudeur elle-même.

Et lorsqu'il n'y aura plus de concupiscence, la pudeur n'apparaîtra-t-elle pas comme une entrave et une souillure de l'esprit?

N'oubliez pas que la terre aime sentir vos pieds nus et que les vents font leur délice de jouer avec vos cheveux.

t'un marchand dit: Parle-nous de l'Achat et de la Vente.

C'est en faisant commerce des dons de la terre que vous trouverez l'abondance.

Cependant, si ces échanges ne se font pas dans un esprit d'amour et de justice ils pourront entraîner la jalousie et l'indigence.

Et si vous voyez arriver des chanteurs et des danseurs et des joueurs de flûte, achetez aussi ce qu'ils ont à vous offrir.

Et, quand le moment vient de vous séparer sur la place du marché, Veillez à ce que nul ne reparte les mains vides.

Car le maître esprit de la terre ne trouvera de repos et ne se laissera porter par les vents, tant que les besoins du dernier d'entre vous n'auront été satisfaits.

C'est lorsque votre esprit se laisse errer au gré des vents et lorsque vous êtes seuls et laissés à vous-mêmes, que vous commettez des fautes envers les autres et par le fait même envers vous-mêmes.

Et comme l'éther il ne soulève que ceux qui ont des ailes.

Ceci dit, c'est de l'homme en vous que j'aimerais vous entretenir.

Car c'est bien lui et non pas votre moi divin ou encore le gnome égaré dans les brouillards, qui sera confronté au crime et son châtiment.

Car à la face du soleil ils sont comme les fils noirs et les fils blancs dans un même tissu.

Et lorsque le fil noir se rompt, le tisserand vérifie tout le tissu, et il examine aussi le métier.

Qu'il mette aussi le coeur du mari sur le plateau de la balance et mesure son âme à la sienne.

Et demandez à celui qui veut châtier l'offenseur d'examiner l'esprit de l'offensé.

Comme des enfants construisent des châteaux de sable au bord de la mer pendant des heures pour ensuite les détruire avec de grands éclats de rire.

Ils ne voient que leurs ombres, et ils ont fait de celles-ci leurs lois.

Oui, dans les jardins du temple et sous les murs de la citadelle, j'ai vu le plus libre d'entre vous porter sa liberté comme un joug et des bracelets de fer.

Et j'ai senti que mon coeur saignait, car vous ne serez vraiment libres que lorsque le désir d'être libre deviendra pour vous une entrave, et lorsque vous cesserez de parler de la liberté comme d'un but et d'une consécration.

S'il vous apparaît que c'est en renversant le despote que vous serez libres, assurez vous d'abord de détruire le trône que vous lui avez érigé dans votre c~ur.

Car comment un tyran peut-il imposer sa loi à des êtres libres et fiers s'il n'existe pas une tyrannie au coeur de leur liberté et une honte au coeur de leur fierté?

Votre âme est souvent le théâtre de combats où la raison et le jugement s'opposent à vos passions et à vos appétits.

Bien entendu, vous veillerez à ne pas considérer davantage un invité qu'un autre, car prodiguer plus d'honneurs à l'un d'eux, c'est à coup sûr perdre l'amour et la confiance des deux.

Réfugiés dans les collines, à l'ombre fraîche des trembles, alors que monte en vous la paix et la sérénité des champs et des prairies qui s'étendent alentour, laissez votre coeur dire dans son silence: "La raison est la demeure de Dieu.

Ses forêts, il vous appartient aussi d'assurer votre repos dans la raison et de tout entreprendre avec passion.

ne femme parla, disant, qu'est-ce que la Douleur?

Les souffrances sont les déchirures par lesquelles les germes de votre compréhension percent leur enveloppe.

Et tout comme il faut inévitablement que le noyau du fruit se casse pour que le coeur puisse mûrir au soleil, ainsi devez-vous connaître la douleur.

Vous saurez vous soumettre sans difficulté aux saisons du coeur, comme on règle sa vie sur le passage des saisons.

Et vous resterez alertes et sereins aux hivers de votre tristesse.

Vos souffrances sont en grande partie infligées par vous-mêmes.

Elles sont ce remède amer par lequel le médecin qui est en vous soigne le malade en vous.

Aussi accordez votre confiance à ce médecin, et buvez son remède en toute quiétude et sans vous plaindre: bien qu'elle vous paraisse brutale et sans ménagement, sa main est guidée par la main bienveillante de l'Invisible.

Et si elle brûle vos lèvres, la coupe qu'il vous tend, n'en a pas moins été façonnée par le Potier lui-même, d'une argile détrempée de Ses larmes sacrées.

t'un homme dit: Parle-nous de la Connaissance de soi.

Vos coeurs contemplent en silence les secrets du jour et de la nuit.

Mais vos oreilles languissent de s'emparer de cette connaissance du coeur.

Vous voudriez cerner avec des mots ce que vous avez toujours pressenti par la pensée.

Et sans doute voulez-vous aussi toucher du doigt le corps nu de vos songes.

Il est aussi bien que ce soit ainsi.

La source profonde de votre âme doit jaillir et ruisseler sourdement vers la mer.

Les trésors de vos profondeurs abyssales étincelleront dès lors dans votre regard.

Ce n'est pas avec la perche ou la sonde que vous connaîtrez la profondeur de votre savoir.

Car votre être est une mer immense.

Ne dites pas: "J'ai trouvé la vérité ", mais plutôt, "J'ai trouvé une vérité.

Ne dites pas: "J'ai trouvé la voie unique de l'âme ", Dites plutôt: "Je me suis découvert à l'âme dans mon cheminement.

Car l'âme chemine par tous les sentiers.

L'âme n'avance pas sur les grand-routes bien tracées; elle ne pousse pas aveuglément comme le roseau.

L'âme s'ouvre à sa propre déhiscence comme un lotus aux innombrables pétales.

Nul homme ne peut vous révéler ce qui n'était déjà en éveil dans l'aube où vous parvenez par vous-mêmes à la connaissance.

Le maître qui chemine dans l'ombre prestigieuse d'un temple, avec une suite de disciples, ne nous donne pas de sa sagesse, mais plutôt de sa foi et de son amour.

L'astronome saura mieux vous parler des grands espaces, qu'il en aura une plus grande compréhension, mais il ne pourra vous donner cette compréhension.

Le musicien peut faire pressentir par son chant les résonances profondes de l'univers, mais il ne peut vous donner l'oreille qui les entendra, ni la voix qui s'en fera l'écho.

Car en amitié, les pensées, les désirs et les attentes sont donnés et partagés sans paroles, avec une joie discrète.

Quand vous ne parvenez plus à vous recueillir dans la solitude de votre coeur, vous êtes tout entier sur vos lèvres, et les sons qui s'en échappent ne sont alors que passe-temps et dérobade.

Et presque tout ce qui éclôt dans votre parole et dans la pensée est mort-vivant.

Il y a ceux qui, parmi vous, se réfugient dans les bavardages par peur d'être laissés à eux-mêmes.

Car dans le silence de leur solitude ils se retrouvent nus et préfèrent se dérober.

Vous venez à la prière dans la détresse et le besoin.

lors un homme, que l'on ne voyait dans la cité qu'une fois l'an, s'avança et dit: Parle-nous du Plaisir.

Le plaisir est un chant de liberté.

C'est l'éclosion de vos désirs, Mais n'est pas leur fruit.

C'est l'oiseau en cage prenant son essor, Mais ce n'est pas le vaste ciel où il vole.

Certes, le plaisir est un chant de liberté.

Et s'il est une chose à laquelle j'aspire, c'est de vous voir le chanter de tout votre coeur; Pourtant je ne permettrais pas que vous perdiez votre souffle à le chanter.

Vos jeunes gens, pour la plupart, recherchent la jouissance comme si c'était tout ce que l'on peut désirer, et ils sont jugés et réprimandés pour cela.

La jouissance a sept soeurs, et la moindre d'entre elles dépasse la jouissance encore en beauté.

Ceux-là devraient plutôt penser à leurs plaisirs de jadis avec gratitude, comme d'une bonne récolte après l'été.

Toutefois, si cela peut leur donner bonne conscience d'entretenir le remords, laissez-leur ce réconfort.

Et il y a, parmi vous, ceux qui ne sont plus assez jeunes pour se mettre en route et qui ne sont pas encore assez vieux pour en donner le témoignage, et qui, dans la peur d'entreprendre la quête ou de se la rappeler, renoncent à tous les plaisirs pour ne pas être accusés d'avoir négligé l'esprit ou de l'avoir offensé.

Ils retirent néanmoins une satisfaction dans le fait même d'y renoncer.

Et ils sont de ceux qui trouvent un trésor alors qu'ils creusaient fébrilement la terre de leurs mains.

Le rossignol pourrait-il troubler le calme profond de la nuit, et les lucioles pourraient-elles briller au détriment des étoiles?

Mais comment savoir ce qui ressurgira demain, de tout ce que nous nous sommes épargnés aujourd'hui?

Car le corps lui-même sait trop bien ce qui lui échoir et quels sont ses besoins légitimes et ne se laissera pas illusionner.

Et tout le plaisir qu'a la fleur de céder à l'abeille ce dont elle fera son miel.

Et les passionnés disent: " Il n'en est rien, la beauté est chose redoutable et puissante.

Mais les gaillards disent: " Nous entendons son cri dans les montagnes, et avec ses clameurs, un martellement de sabots, un bruissement d'ailes et un rugissement de lion.

Et dans l'étau des chaleurs d'été les moissonneurs disent: "Nous l'avons vue virevolter avec les feuilles de l'automne, et nous avons aperçu quelques flocons de neige dans ses cheveux.

Voilà ce que vous avez dit de la beauté, entre autres choses.

Mais à chaque fois, vous n'avez pas parlé de la beauté et ne parliez que de vos désirs insatisfaits.

Et la beauté n'est pas la satisfaction d'un besoin mais la recherche d'une extase.

Gens d'Orphalese, la beauté c'est la vie lorsqu'elle se dévoile sous son jour le plus sacré.

La Beauté est l'éternité lorsqu'elle se contemple en un miroir.

Et vous êtes cette éternité et aussi ce miroir.

Et il dit: t'un vieux prêtre dit: Parle-nous de la Religion.

Et n'est-elle pas aussi dans ce qui n'est ni acte ni pensée, mais le sentiment d'un mystère et sa révélation toujours renouvelée dans l'âme, même pendant que de nos mains nous équarrissons la pierre et tissons sur le métier?

Car qui peut séparer la foi en son coeur des actes de ses mains ou encore, ce qu'il croit de ce qui l'occupe?

Le vent et le soleil ne feront pas d'accrocs dans sa peau.

Et celui qui règle chacune de ses conduites en fonction d'une morale met le rossignol en cage.

Les chants les plus libres ne s'élèvent pas entre les murs de prisons où derrière des barbelés.

Quand vous aurez bu au fleuve du silence, alors vous chanterez vraiment.

Et quand vous serez parvenus au sommet de la montagne, alors commencera enfin votre ascension.

Que ce jour, ce lieu et l'esprit qui nous a parlé, soient à jamais consacrés dans notre coeur.

Et il répondit: Est-ce bien moi qui ai parlé?

Ne me fallait-il pas aussi entendre ce qui a été dit?

Alors, comme il commençait à descendre les marches du temple, tout le peuple se mit à le suivre.

Et ayant rejoint son vaisseau, il se tint sur le pont.

Gens d'Orphalese, le vent me presse de vous quitter.

Bien que je ne sois pas dans une aussi grande hâte que le vent" il me faut partir.

Et le soleil pour nous ne se lève pas là où il nous avait laissé au soir.

Car nous sommes en chemin même lorsque la terre sommeille.

Nous sommes comme les graines d'une plante vivace et c'est lorsque notre coeur est le plus mûr et le plus rempli que nous sommes livrés entre les mains du vent et dispersés sur la terre.

Mon séjour parmi vous fut bref et davantage le fut mon parler.

Mais dès que ma voix ne résonnera plus à vos oreilles et que vous n'aurez plus le souvenir de mon amour, je reviendrai parmi vous.

Et c'est par un coeur plus ouvert et par des lèvres plus dociles à l'esprit que je parlerai.

Et la mort dût-elle m'enfouir et le vaste silence devenir mon linceul, je parviendrais jusqu'à vous pour me faire comprendre.

Et ce n'est pas en vain que j'aurais sollicité votre écoute.

Car, pour peu que ce que je vous ai dit jusqu'ici soit vérité, cette vérité se révélera d'une voix plus claire et dans des mots plus propres à vous rejoindre dans vos pensées.

Je pars avec le vent, gens d'Orphalese, mais non pas pour me perdre dans le néant.

Et si ce jour n'est celui de l'accomplissement de tous vos voeux et n'a pas donné la pleine mesure de mon amour, qu'il soit la promesse d'un jour à venir.

Les voeux de l'homme peuvent changer, mais son amour ainsi que le désir de voir cet amour donner satisfaction à ses voeux restent les mêmes.

Aussi ayez l'assurance que je ressurgirai du grand silence.

La brume se dissipe à l'aurore, laissant une rosée sur les terres, avant de s'élever et -devenue nuée - retomber en pluie.

A l'étendue de mon silence se joignaient par mille ruisseaux les rires de vos enfants et par fleuves entiers, l'ardeur de vos jeunes gens.

C'est le chant dans lequel tous vos chants ne sont que des frémissements étouffés.

Et c'est en cet homme immense que vous trouverez votre immensité.

Sa puissance vous attache à la terre, son parfum vous transporte dans les hauteurs et dans sa pérennité vous êtes immortels.

Il me faudrait aussi vous dire que vous êtes chacun aussi forts que le maillon le plus fort.

Et ce serait se faire une idée de la toute-puissance de l'océan à la légèreté de son écume, que de vous juger à partir de vos faits et gestes les plus menus.

Il est un printemps qui se love en vous; il a un sourire sur ses lèvres ensommeillées et ne se laissera offenser par le doute.

Une lignée d'hommes sages sont venus parmi vous pour vous donner la sagesse.

Mais moi je suis venu pour que vous me donniez une part de cette sagesse que vous aviez déjà.

Alors qu'il s'agit de la vie elle-même qui s'est mise en quête de la vie dans les corps transis par la peur de la mort.

Voyez plutôt ces montagnes et ces plaines comme un berceau et un seuil sacré.

Car lorsque je déployais à leur pleine envergure mes ailes sous le soleil, leur ombre sur la terre dessinait encore une tortue.

Ayant dit cela, il se retourna vers le pilote du navire, qui se tenait déjà à la barre, et dont le regard se fixait tantôt sur les voiles gonflées par le vent et tantôt sur le grand large.

Et si cela ne suffit pas, alors nous devrons nous retrouver et tendre tous ensemble nos mains vers Celui qui est la source de tous les dons.

N'oubliez pas que je vous reviendrai.

Avant longtemps, lors d'une brève accalmie de tous les vents, une autre femme me donnera naissance.

Je vous fais mes adieux ainsi qu'aux jeunes années que j'ai passées avec vous.

Il me semble que c'était à peine hier que nous avons fait cette rencontre dans un rêve.

Vous avez alors élevé vos chants autour de ma solitude, et de vos aspirations j'ai façonné une tour dans le ciel.

Mais aujourd'hui notre sommeil a été troublé et notre rêve s'achève, ce n'est plus l'aube.

Le flux de la lumière est sur nous, notre conscience vaporeuse est devenue un jour éclatant et il est temps de nous séparer.

Peut-être nous sera-t-il donné de nous rencontrer une fois de plus dans les franges crépusculaires de la mémoire.

Alors nous parlerons de nouveau et ce chant que vous me ferez entendre sera plus profond.

Et quand nos mains se joindront encore une fois dans le rêve de se réunir, ce sera de nouveau pour construire tous ensemble une tour dans le ciel.

Comme il disait cela, il fit signe aux marins; et ayant aussitôt levé l'ancre et dégagé le navire de ses amarres, ils remontèrent vers l'Est.

Alors un cri s'éleva comme d'un même coeur et s'élança dans le crépuscule pour aller résonner sur l'étendue de la mer, comme une trompe de brume.

Seule Almitra restait silencieuse, qui cherchait à ne pas perdre de vue la forme évanescente du navire dans le lointain.

" Avant longtemps, lors d'une brève accalmie de tous les vents, une autre femme me donnera naissance.

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